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Sébastien Repéto, fondateur My Destination : on doit être résilients et pro-actifs

Nous retournons du côté du tourisme avec le fondateur d’une agence social media que j’aime beaucoup. Sébastien a su insuffler beaucoup de proximité, de professionnalisme et de bienveillance au sein de son équipe. J’ai eu la chance de travailler avec My Destination sur une opération auprès des Bastides et vins de Gaillac et j’en conserve un excellent souvenir.
Bonus : Sébastien est un très bon conférencier !

Bonjour Sébastien, tu es le fondateur My Destination, une agence social media. Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ses activités ?

Bonjour Olivia ! Notre rôle consiste à accompagner les Organismes de Gestion de Destination dans leur communication numérique.

Nous portons une attention particulière au storytelling ainsi qu’au conversationnel. Les réseaux sociaux ne sont que des outils, nous essayons surtout d’être concentrés sur les gens qui composent les communautés, sur la compréhension de leurs envies afin d’être le plus en phase possible avec l’offre touristique de nos clients. Cette approche, nous la déclinons à travers différentes missions : définition de stratégies, animation de communautés, accompagnement de community managers, gestion de campagne de social media ads ou encore production de contenus.

Comment avez-vous réagi à l’annonce du confinement ? Aviez-vous commencé à anticiper la situation ?

Difficile d’anticiper une telle situation ! Pour être honnête, nous avons pris conscience de ce qui aller se passer le vendredi 13 mars, le lendemain de la première allocution du Président de la République. À ce moment-là, on ne parlait pas encore de confinement mais de fermeture des écoles et de mise en place du télétravail pour les entreprises. C’est ce que nous avons décidé de mettre en place dès le lundi 16 mars ce qui nous a permis une grande réactivité pour la suite. Nous avons alors enchaîné les réunions d’équipe en visio puis édité en quelques jours plusieurs dizaines de notes de recommandations pour nos clients. Cette réactivité a été très appréciée à un moment où tout le monde se demandait s’il fallait continuer d’animer les communautés.

Comment va l’agence aujourd’hui ?

Globalement bien. Depuis le premier jour de la crise, l’équipe se démène pour être la plus créative possible, pour comprendre les attentes des communautés et répondre aux problématiques de nos clients. L’équipe a connu un petit coup de moins bien il y a quelques semaines, qui a vite laissé place à une énorme envie de se projeter sur la suite : la fin de ce confinement et les mois à venir qui’ s’annoncent particuliers pour notre secteur.

Lorsque l’on voit les conséquences qu’aura cette crise sur de nombreuses entreprises, on se dit qu’on est très chanceux d’être aussi sollicités, qu’on se doit d’être résilients et pro-actifs.

Quelles sont tes missions et celles de ton équipe aujourd’hui ? Je sais que vous avez mis des rendez-vous en place avec votre communauté, tu peux nous en parler un peu …

L’équipe travaille sur deux missions prioritaires : conseiller les OGD pour la gestion de leurs communautés sur les réseaux sociaux et définir des plans de reprise pour la sortie du confinement. Nous y voyons à présent très clair sur la première mission, avec comme objectif d’engager des discussions et garder un lien social virtuel afin d’accompagner les gens dans un quotidien anxiogène et préparer le terrain pour une meilleure reprise à la fin du confinement.

Cela se traduit par de la diffusion d’information et lutte contre la désinformation, participation à l’entraide et la solidarité et bien sûr beaucoup de divertissement.

La seconde mission est celle qui nous occupe le plus en ce moment. Difficile de se projeter lorsqu’on n’y voit pas clair. À quoi ressemblera l’offre touristique cet été ? Les restaurants seront-ils ouverts ? Y’aura-t-il des événements ?
Nous essayons de prévoir des plans d’actions séquencés et dynamiques. C’est l’avantage de la communication numérique qui permettra une grande adaptabilité en fonction de l’évolution de la situation.

Tu travailles avec de nombreux professionnels du tourisme et ce secteur est l’un des plus touchés par la crise sanitaire actuelle. Selon toi, quels impacts économiques la crise va-t-elle avoir sur vos clients ?

Nos clients sont en grande partie des acteurs institutionnels (OT, ADT, CRT). L’impact économique pour leur structure reste relatif à court terme mais pourrait être bien plus conséquent à moyen terme.

Les premiers touchés par cette crise dans le secteur du tourisme sont les socio-professionnels : hôteliers, restaurateurs, prestataires d’activités, … Plus que jamais, c’est aux acteurs institutionnels de les soutenir et ils en sont tous conscients. L’ensemble de nos clients nous demande d’intégrer spécifiquement les socio-pro dans nos plans de reprise et c’est une très bonne chose.

Reste une grande zone de flou sur les consommateurs.

J’imagine que l’envie de passer du bon temps sera bien là cet été, mais avec quel pouvoir d’achat ?

Après deux mois de chômage partiel, les entreprises vont-elles accorder aussi facilement des vacances cet été ?

Je vois donc une offre qui fait preuve de solidarité mais je me questionne beaucoup sur la demande à venir. Les comportements devraient évoluer et il faudra s’adapter.

Alors qu’un déconfinement restreint s’annonce, certains prédisent d’ores et déjà des vacances 100% locales et surtout nature pour les prochains mois. Commencez-vous à sentir ce mouvement pour les destinations avec lesquelles vous travaillez ?

Tout à fait, je pense que beaucoup de destinations se projettent ainsi. On ne connait pas encore tous les détails du déconfinement, mais on sait qu’il sera difficile de se déplacer à l’étranger, en espérant déjà pouvoir nous déplacer librement en France.

C’est donc assez logiquement que l’activité touristique devrait se faire beaucoup en proximité.

Mais de quelle façon ? Excursions, courts-séjours, longs séjours ?
J’imagine aussi une grande envie de nature (et c’est mon cas !) en sortie de confinement et des destinations préservées pourraient tirer leur épingle du jeu auprès de clientèle en recherche de grands espaces, loin de la foule.

Comment s’y préparent-elles ?

En essayant de comprendre à quoi ressemblera leur offre cet été. Cela dépendra notamment des conditions sanitaires imposées par le gouvernement et les collectivités locales.

On voit plusieurs tendances poindre auprès des destinations : casser les prix pour susciter la demande ou au contraire valoriser l’excellence de l’offre sans toucher aux prix.

Les destinations de montagne se tiennent prêtes et savent qu’elles auront de beaux arguments à faire valoir cet été. Les destinations de littoral se questionnent sur les capacités d’accueil de leurs plages.

Parlons un peu des influenceurs … My Destination travaille parfois avec les influenceurs pour certains de ses clients. Selon toi, les destinations seront-elles enclines, lorsque la reprise sera d’actualité, de travailler à nouveau avec les blogueurs ou ce mode de communication sera-t-il délaissé pour d’autres priorités plus évidentes comme la presse ?

Les OGD, comme n’importe quels acteurs économiques, voudront travailler des plans d’actions les plus ROIstes possibles. Donc ceux qui savent expliquer la pertinence et l’efficacité de leurs prestations continueront d’avoir l’attention des destinations.

Si des influenceurs perdent de l’activité après la crise, c’est qu’ils ne sont pas si influents que ça.

Que peut-on souhaiter à My Destination pour les prochains mois ?

De continuer de travailler avec passion et envie. Et toi Olivia, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

De pouvoir trinquer avec toi Sébastien et ton équipe ;)
Retrouvez My Destination sur son site internet et sur Twitter @MyDestination
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