Nombre7 la maison d'édition qui fait bouger les lignes

Gilles Arnoult, directeur associé Nombre7 : “nous avons mis moins d’une heure pour réorganiser notre activité en télétravail”

Nombre7 est l’un de mes clients. Pour cette maison d’édition, j’écris sur leur blog, interroge des auteurs et m’occupe des campagnes de marketing d’influence auprès des blogueuses. Une mission plaisir que j’occupe depuis plus de deux ans maintenant et j’entretiens avec Gilles et toute l’équipe, des liens affectifs. C’est une entreprise que j’aime beaucoup ! Et vous verrez, l’interview de Gilles est à l’image de Nombre7, la maison d’édition qui fait bouger les lignes : concernée, engagée mais toujours un peu décalée !

Gilles, tu es Directeur associé de la maison d’édition Nombre7, peux-tu nous parler de ton entreprise ?

Nombre7 est une maison d’édition, un secteur particulièrement « en tension ». Lorsque nous avons redéployé la stratégie de l’entreprise et décidé d’investir dans son développement, il fallait être un peu fou et penser le métier différemment : nous avons massivement parié sur le digital, pour notre communication et la promotion des œuvres mais également dans notre fonctionnement quotidien.

Nombre7 au temps du coronavirus, ça donne quoi ? Plutôt en panique ou philosophe ?

Lorsque le confinement a été envisagé, je rentrais à peine d’un WE sur l’île de Noirmoutier et nous avons pu réagir très vite – ce n’est pas une figure de rhétorique – nous avons mis moins d’une heure pour réorganiser notre activité en télétravail. Alors serein, même si toute l’équipe se languit d’être de nouveau réunie.

J’imagine que tu conserves des liens étroits avec les auteurs durant cette période, t’attends-tu à recevoir de nouveaux manuscrits de science-fiction à la fin de cette crise sanitaire ?

Je passe une grande partie de la journée à échanger avec nos auteurs, et tous sont évidemment très disponibles et même demandeurs de ces échanges.

Les textes sont aussi souvent interprétés à l’aune de ces événements, et si l’on cherche un peu on trouve dans tout récit, qu’il soit de fiction ou non, un lien même ténu avec l’actualité.

En fait il n’y a pas à attendre des récits de collapsologie (je cultive le mot car il est adapté et aussi parce qu’il me permet de tenir pleinement mon rôle « d’éditeur érudit ») ces récits parfois très « prophétiques sont déjà au catalogue ou même sur mon bureau.

La littérature devance souvent la réalité car l’auteur est sensible aux signaux faibles qu’il incorpore à son imaginaire

Ou peut-être même des livres de développement personnel “comment retrouver le goût de vivre chez soi ?”, cela fera un bon titre de bouquin non ?

J’attends avec impatience des manuels de confinement pour éviter la dérive alcoolique et … le divorce

Plus sérieusement, comment une petite PME peut tenir durant une crise pareille ?

Concrètement, si je suis serein sur notre fonctionnement, pendant ces semaines, je perçois déjà un affaiblissement de l’activité.

Rester confiner avec le coro-truc pour unique sujet répété à l’infini ne favorise pas la création ni même la curiosité prélude à l’écriture et à la lecture.. Rares sont les auteurs qui auront rejoint leur cabinet d’écriture.

Et nous ne travaillons pas en autarcie, nous avons besoin de nos partenaires imprimeurs, libraires, livreurs. C’est toute une chaîne de compétences que nous activons et beaucoup de maillons sont en activité réduite.

Avez-vous mis en place, avec ton équipe, des rituels, des routines permettant de travailler sereinement à distance ? Comment vous organisez-vous au quotidien ?

Chaque journée commence avec ma « tournée » : un entretien en visiophonie avec chaque membre de l’équipe. Nous faisons un point sur le programme éditorial, nous échangeons sur les textes mais surtout nous entretenons le lien.

Et c’est l’occasion de commentaires sur la décoration de nos appartements respectifs (Emeline, tu devrais bouter l’horrible escabeau jaune hors de ton salon !!)

Et nous avons maintenu notre «  messe éditoriale du jeudi »: il faut apprendre à échanger à 4 ou 5 en visiophonie !

On le sait tous, la période va être longue, pénible mais on en sortira. Penses-tu, en tant que chef d’entreprise, déjà à l’après-coronavirus ?
Vas-tu d’ores et déjà mettre en place des projets, des stratégies pour anticiper la sortie de crise ?

C’est mon moteur quotidien.

Notre plan de reprise est déjà bouclé et les chantiers sont lancés.

Pour relancer la machine, vous pouvez faire confiance à Nombre7, nous allons « lâcher les chevaux « – on parie sur les premiers jours de Mai ?

Que peut-on souhaiter à Nombre7 en ce moment et pour la suite ?

Du chocolat pour affronter le spleen de l’enfermement 🙂

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