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Céline Zocchetto, avocate au barreau de Paris : des divorces se résolvent peu à peu !

Je vous retrouve en ce début de semaine avec un nouveau témoignage, celui de l'une de mes clientes fidèles, Céline Zocchetto, avocate au barreau de Paris qui partage avec nous son quotidien et qui nous en dit un peu plus aussi sur l'arrêt actuel des services juridiques. Merci à elle pour sa confiance ! 

Bonjour Céline, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de ce blog ?

Bonjour Olivia, Bonjour à vos lecteurs, je suis Avocat au Barreau de Paris depuis 2008. Après des études en droit des affaires internationales avec double formation en droit français et droit anglo-américain, j’ai d’abord exercé au sein d’un cabinet parisien d’affaires pour ensuite fonder mon Cabinet en 2012.

Le Cabinet Céline Zocchetto assure des missions de conseil, d’assistance et de défense en Droit des Affaires, Droit du travail, Droit Civil et Droit Pénal.

Mes clients : des sociétés, des auto-entrepreneurs, des collectivités, des personnes physiques : salariés statut cadre/ingénieurs.
Mes motivations : le goût pour l’art oratoire, l’écriture, la justice, la rigueur et les bons mots.

Comment avez-vous vécu ces derniers jours et le confinement, décidé par le gouvernement le 17 mars dernier ?

Très honnêtement, avec beaucoup de philosophie. Je ne peux m’empêcher de penser, au-delà de l’évidente nécessité de santé publique, qu’un temps nous est offert, en famille et que ce temps imparti, il nous appartient avec recul et relativisme de le mettre à profit.

Nous sortons du cadre métro, boulot, dodo et nous nous recentrons en définitive sur les valeurs essentielles. Nous en sortirons grandis et enrichis ! Il nous aura fallu que cela nous soit imposé pour nous en rendre enfin compte.

Quant au confinement, dès lors que je télé-travaille et fais du cyber-sport, mes journées sont occupées et je ne ressens pas, pour le moment du moins je l’espère, d’étouffement.

Vos clients ont-ils pris conscience immédiatement de la situation ?

Mes clients ont, comme tous, pris la mesure de notre situation qui est exceptionnelle. Les Tribunaux sont fermés, nos moyens d’action sont limités et ils en ont conscience. De ce fait, ils ne sont pas en demande d’une urgence particulière.

J’ai pu observer également qu’ils prennent de la distance avec les évènements. A titre d’exemple, des divorces qui étaient à première vue conflictuels se résolvent peu à peu avec des demandes de part et d’autre plus apaisées tendant à un rapprochement amiable plus raisonnable pour tous.

Les priorités ont repris leur place !

Quelles en ont été les conséquences pour votre cabinet ?

Les conséquences directes : le télé-travail systématique. Alors qu’il était déjà pour mon Cabinet un mode de travail récurrent, il en est devenu incontournable.

Aux RDVs physiques se sont substitués des RDVs téléphoniques, aux cours en présentiel se sont substitués des classroom à distance. Le travail de fond des dossiers en cours se poursuit, les négociations également !

Je suis saisie sur des nouveaux dossiers et nouvelles problématiques ; le confinement donnant en réalité du temps aux individus en chômage partiel de se pencher enfin sur ce qu’ils avaient remis à plus tard.

Quant aux entreprises, je ressens un réel ralentissement de leurs besoins en accompagnement juridique quotidien ; ces dernières étant malheureusement fortement impactées par l’arrêt de l’économie.

A titre personnel, le télé-travail se fait en famille en ce temps de confinement ; mon conjoint poursuivant de son côté son activité.

Comment s’articule votre travail aujourd’hui ?

De la même manière que lorsque je fonctionnais déjà en télé-travail avant le confinement. Recevoir, traiter les courriels. Recevoir et gérer les appels téléphoniques. Traiter en fond les dossiers en cours. Ouvrir et traiter les nouveaux. A cela s’ajoutera toutefois le fait de rassurer les clients sur la constance de ma disponibilité et de ma réactivité. J’attache de l’importance à ne pas endormir les dossiers même en cette période de moyens d’action limités ; ce que mes clients semblent apprécier.

La profession ressent-elle une sortie d’isolement ou au contraire, vous vous sentez accompagnés par les barreaux et vos instances professionnelles ?

Nos instances professionnelles sont présentes mais elles sont également fortement impactées. Nous sommes tous sur le même bateau, il me semble que nous ne pouvons pas non plus en attendre plus qu’elles ne peuvent nous octroyer… Comme nous, elles se sont trouvées soudainement démunies face à des mesures très restrictives et exceptionnelles.

Il est vrai que la fermeture des tribunaux et le renvoi systématique des audiences n’arrangent rien au bon déroulé de nos dossiers ; mais il ne pouvait en être autrement ! Pour exemple, pour les contentieux essentiels (ceux afférents à la liberté), la désignation d’office des avocats avait été maintenue. Marche arrière a dû être faite compte tenu de l’absence totale de sécurité sanitaire. Le contraire aurait été incompréhensible !

Des aides nous sont proposées, des suspensions de prélèvements nous sont promises mais je trouve cela encore bien flou en réalité. J’ai pris l’option de remettre à plus tard ces considérations financières lorsque le tout sera bien établi et verrouillé.

Les barreaux, déjà très remontés contre le gouvernement (réforme de la retraite, budgets en baisse …), maintiendront-ils à votre avis la pression sur le gouvernement à cette sortie de crise ?

Nous avons davantage de raison à maintenir le cap ! Alors que nous démontrions que nous sommes une profession fragile qui allait subir de plein fouet un doublement de cotisations (pour une pension de retraire proportionnellement réduite…), nous serons bien plus en légitimité de mettre en avant l’impact financier qu’aura eu cette situation exceptionnelle sur nos finances !

Malheureusement, pour nombreux d’entre nous, la crise actuelle ajoutera à la crise déjà existante dans la profession… 

Avez-vous le sentiment que l’activité des avocats va évoluer suite à cette crise ? Aussi bien dans son fonctionnement que dans sa considération de la clientèle ?

Pour l’heure, je n’en ai pas le sentiment. Si ce n’est que mes clients apprécient de me savoir toujours présente et active à leurs côtés et ce malgré la situation actuelle et de voir que je continue à produire les actes. Pour ce qui concerne mes clients, personnels de la santé, j’ai pu les rassurer sur le fait que leurs dossiers les attendront à la sortie de la crise.

Et plus précisément la vôtre ?

Je crois surtout que fondamentalement les rapports humains, de manière générale, changeront et que les valeurs élémentaires seront retrouvées. Je l’espère, durablement !

Que peut-on vous souhaiter Céline pour l’après-coronavirus ?

Que toute la famille soit en bonne santé et que l’on se retrouve tous enfin pour des moments (non virtuels) !

Retrouvez Céline Zocchetto sur son site professionnel : Céline Zocchetto et sur sa page Facebook. 
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